Le coq aux champs, Soheit Tinlot.


Contexte Il y a quelques semaines, j'ai eu la chance de me rendre à nouveau au restaurant Le coq aux champs ! Pour tout vous dire, je gardais un très bon souvenir de mon premier repas là-bas (il y a plus ou moins un an) et me réjouissais d'y retourner.

C'est donc, accompagnée d'une amie rencontrée grâce à l'aventure "chroniques d'une accro au resto" que j'ai pris la route jusqu'à Tinlot !

Le lieu, l'accueil...

A peine arrivées dans l'entrée et nos vestes débarrassées, nous fûmes (Ouf ! Je pense que la dernière fois que j'ai conjugué un verbe de la sorte, je devais avoir 16 ans !) dirigées jusqu'à notre table.

Certains trouvent la décoration et l'ambiance du restaurant froides, moi, pas du tout. Certes, il ne s'agit pas de la salle la plus "colorée" que j'ai pu voir mais j'aime ce coté épuré et ce délicat mélange de bois qui réchauffe cette (grande) pièce. Puis... Moi, je vote pour la nudité des tables en bois (lorsqu'elles sont jolies bien-sur ! :) ) et là, c'est le cas.

Et si, maintenant, on parlait du menu ? :)

L'assiette, les saveurs...

Comme c'est souvent le cas dans ce type de maison, nous avons laissé carte blanche au chef. Le but, c'est le plaisir et la découverte, non ? :)

Au programme donc...

St Jacques de la baie d’Erquy Tartare – Huître- Citron – Crème crue

Langoustine royale et foie gras de canard au sautoir Racines acidulées – Dashi

Collection potagère automne 2016 Champignons (cueillette sauvage) – Polenta – Flocons de truffe

Lièvre à la royale

Gibier d’ici, d’Ardenne ou de Gaume Peps de fruits et de légumes – Pommes de terre soufflées – Grand veneur

Ma cuisine sucrée :

Pomme-oseille Chocolat dans les bois… Souvenir d’enfance

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Pour commencer, comme vous vous en doutez, nous avons eu droit aux mises en bouche.

Histoire que vous en sachiez un peu plus sur moi et mes préférences, il n'y a pas, à mes yeux, de restaurant gastronomique "digne de ce nom" sans mises en bouche.

Je m'explique : Elles permettent, selon moi, d'avoir un premier aperçu de la créativité et de la maîtrise du chef et, souvent, s'avèrent les premiers signes d'un repas génial ou moins sympathique.

Puis... J'aime ce défilé de gourmandise légère avant d'entamer un menu.

Si je vais au restaurant et que j'opte pour une formule gourmande, j'aime qu'elle le soit du début à la fin : des mises en bouche aux mignardises.

Bref, on revient aux assiettes ? :)

Je dois toutefois vous avouer quelque chose... J'ai perdu ma feuille de notes comprenant l'explication des mises en bouche (vous pouvez me huer), voici donc uniquement un aperçu visuel de ces dernières :

Malgré l'absence de notes, je garde un souvenir très agréable de ces quatre mises en bouche qui m'ont plus que que donné l'envie d'entamer le menu !

Pour débuter avec celui-ci, nous avons eu droit aux Saint-Jacques.

N'étant, à la base, pas une fan absolue d'huitres (et mon amie non plus), j'étais un peu dans l'appréhension. Une appréhension qui s'est vite dissipée dès que j'ai gouté une première bouchée.

Une préparation toute en fraicheur où l'huitre et le caviar ne prennent pas le dessus sur des Saint-Jacques idéalement fraiches. Une assiette qui tire "juste ce qu'il faut" vers l'iode sans pour autant aller trop loin grâce à une légère touche de concombre "qui sert de barrière" et qui se marie très bien au gout plus acide de la crème crue. Un délice !

Avec l'assiette suivante, je le sais... Je vais (encore) m'attirer les foudres de certain(e)s.

Pourquoi ? Car on parle de foie gras.

Cette assiette conjuguais habilement foie gras et langoustine.

Un terre-mer qui en jette, et pas que dans l'intitulé ! :)

Un fois gras poêlé comme il le faut, qui fond au simple contact avec la bouche et une langoustine du Guilvinec tout aussi savoureuse.

Le bouillon dashi était justement relevé et offrait un coté plus "asiatique" à cette entrée qui nous a vraiment charmées.

Les légumes acidulés, ici, avaient toute leur importance car ils assuraient à la fois le coté plus croquant de l'assiette tout en permettant son équilibre.

Qui a dit que les assiettes "potagères" ce n'était pas gourmand ?

Je vous offre la preuve en image :

Une assiette de fou malade !

De la polenta, des trompettes de la mort, des flocons de truffe...

Lorsque je me rappelle des saveurs en bouche, je fonds.

La gourmandise était partout ! Dans la texture, dans les saveurs dans les associations...

Je ne vous en dis pas plus car étant donné qu'elle est toujours au menu, j'aimerais vous laisser la chance de la découvrir par vous même.

Pour suivre, un classique de chez classique :

"Lièvre à la royale façon senateur couteau" s'il vous plait !

Pour tout vous dire, c'est une préparation que je connaissais "en théorie" mais pas en bouche. Quelle erreur !

Une sauce nappante comme il le faut, une viande fondante et le plaisir de manger un vrai classique vraiment respecté.

Pour terminer avec le salé, nous avons dégusté une seconde assiette de gibier : Un filet de biche accompagné de pommes soufflées et d'une sauce grand veneur.

Une fois encore, on a retrouvé un classique (que j'adore d'ailleurs) exécuté avec brio ! Des pommes soufflées absolument parfaites, une viande idéalement cuite et une sauce généreusement servie qui marie le tout d'une très belle façon.

Et si on passait au sucré ? :) Pour commencer, mon préféré : le chocolat dans les bois.

Olalalaaaa mais quelle tuerie, autant d'un point de vue visuel que gustatif... Une belle association de thé Matcha et de chocolat qui fond en bouche et fait pétiller les papilles !

Pour terminer avec ce beau menu : le souvenir d'enfance à base de violette et la pomme oseille, deux classiques du chef qui clôturent très bien ce délicieux repas.

Je m'en voudrais si j'oubliais de vous parler des mignardises proposées en quantités et selon vos envies. Pour la gourmande que je suis, un véritable plaisir (et un peu d'abus, j'avoue...) :D

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En ce qui concerne le vin, nous avions choisi d'opter pour la sélection et... Quelle qualité dans nos verres !

Bien que j'ai adoré la totalité de celle-ci qui s'accordait très bien à nos assiettes, mon coup de coeur revient à une bouteille excellente de Château Lartigue de Brochon, Haut-Medoc, 1995. Un vin très bien conservé qui accompagnait de façon tout à fait adéquate nos deux assiettes de gibier.

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Le service

Du début à la fin, je l'ai trouvé très professionnel mais léger, le personnel apporte sa touche d'humour et s'adapte sans souci aux personnes auxquelles ils s'adressent.

Je sais que certains aiment les fausses notes mais je n'en vois pas :)

La douloureuse

En ce qui concerne le menu de saison :

Comptez 62 € pour le 4 services et 32 € pour la sélection des vins.

Pour le 5 services, 82 € et 40 € pour la sélection des vins.

Pour une addition plus "douce", ils proposent également une formule "Menu de la semaine" (ou même des plats à la carte) servie tous les jours sauf le vendredi soir, samedi soir et jours fériés) en 3 services (Entrée, plat, dessert) à 40€ et la sélection des vins à 20€.

En ce qui me concerne, je trouve le rapport qualité prix de la formule de saison (je n'ai jamais tenté le menu de la semaine) très bon compte tenu des merveilleuses choses proposées. Un budget élevé certes mais Ô combien justifié.

Verdict.

Il s'agit, pour moi, d'une maison incontournable en Wallonie pour les amateurs de cuisine gastronomique française.

Une cuisine qui, à mes yeux, allie très bien tradition et innovation.

En plus de procurer de très belles sensations gustatives, le chef prend le soin de sélectionner ses produits de façon à mettre en valeur les producteurs locaux et le fruit de leur travail.

Vous hésitiez ? J'espère vous avoir convaincus de vous laisser tenter !